A propos...

LE DÉLICE
Quand on vient à bout de toutes les épreuves, nos vœux sont comblés. Quel délice ! Quand
notre attente est satisfaite, les autres s'en réjouissent et en éprouvent
de la satisfaction. Dans leur satisfaction, ils éprouvent aussi le délice. Il est
impossible que la joie ne s'en suive.
Toutefois, les peuples évolués ne se réjouissent jamais dans ce qui n'est pas
le bien : l'injustice. La délectation n'est bénéfique que dans l'exactitude.
Comme les classiques l'énoncent : ne détruisez pas le peuple au profit de vos
propres désirs. Ne déviez pas du droit chemin, pour mériter la louange du peuple.
Quand la force est équilibrée, il n'y a ni parti-pris égoïste, ni désir émotionnel. Quand
nos rapports avec l'extérieur s'accomplissent tout en souplesse, il n'y a ni belligérance,
ni violence. Il s'agit du plus pur délice, la vertu que se partagent et le ciel et la
terre. Si les peuples sont dirigés grâce à cette vertu, ils en oublient tout
naturellement la dureté du labeur. Si le peuple affronte la difficulté avec délice,
il en oublie la mort, tout naturellement.
C'est la grandeur du délice. Les peuples s'inspirent mutuellement, et se transforment
les uns, les autres. Ils font pour le mieux. Cela ne veut nullement dire que
quelque chose les poussent à agir ainsi. Ils le font tout naturellement, spontanément.
Quand l'étude se pratique à plusieurs, elle ouvre des champs d'expérience plus vaste. Elle
évite l'isolement et sa conséquence : l'étroitesse d'esprit. S'associer à des compagnons,
dans ses recherches intellectuelles, c'est cela l'étude.
Il s'agit de nourrir ce qu'il y a d'humain, en nous et les autres, grâce à
cette association. C'est ce que l'on appelle pratiquer un savoir, le rendre opératif.
L'étude spéculative, si elle n'est pas assortie de l'opération de la pratique, ne
mène à rien. La pratique sans étude préalable, voilà quelque chose de dangereux.
L'étude vous permet de ne pas contredire le non-dit avec vos paroles. La pratique
de la science étudiée, permet de révéler que le non-dit apporte sans cesse des preuves
nouvelles à tout ce qui est énoncé.
On peut dire aussi que l'étude vous permet d'exprimer le non-dit, et que
la pratique, elle, (par la vérification), reconduit ce qui est dit à sa source
d'expression : le non-dit.
(Elle consomme l'expérience).