- Comprendre bien quelque chose nécessite de l'assimiler et de l'englober par l'ensemble de notre conscience, alors que cet ensemble est rarement "ensemble" ! Pour une telle (bonne) compréhension il faut que les différentes dimensions de notre esprit puissent participer à l'acte de comprendre.
- Dans le mot "com-prendre", le préfixe "com" inclut l'idée de "ensemble" et correspond à la "synthèse" et à l'"intégration"… dans la lecture d'un texte. Selon le degré de la présence de l'"ensemble" de notre conscience, des résultats très différents peuvent se produire (à des degrés différents). Ces phénomènes sont très courants (banals) chez des personnes tout à fait normales. A titre d'exemples :
1/ Une personne normale peut lire effectivement mot à mot un texte (parfaitement intelligible pour lui) et n'en comprendre rien. Par conséquent la démonstration est ainsi faite qu'il y a en pareils cas (assez banals) chez le lecteur, une dissociation dans l'acte de lire (parce qu'une partie de l'esprit du lecteur était ailleurs ! pendant qu'une partie lisait le texte ! Et l'ensemble n'y participait donc pas !).
2/ On peut lire entièrement un texte (tout à fait intelligible) et n'en retenir ou n'en comprendre que des brides. Parce que là encore certaines parties de l'esprit étaient ailleurs (dissociation toujours mais à un moindre degré !).
- Il y aura dans ce cas automatiquement, et systématiquement des interprétations personnelles qui viennent s'ajouter à ce qu'on a lu et qui ne se trouvent pas dans le texte. Ce phénomène s'appelle l'inférence. Il est présent dans toutes les perceptions humaines, dans tous les conflits entres les humains, ainsi que dans toutes les souffrances humaines (telles que la phobie, la dépression, les conflits conjugaux, etc.). À tel point que (et cela est fréquent aussi) ce qui est compris du texte pourrait aller même à l'encontre de ce qui y est écrit réellement.
3/ On peut lire aussi un texte très attentivement dans l'intention de tout comprendre réellement. Là aussi des expériences/observations réalisées le montrent couramment qu'il est rarissime que le contenu d'un texte circonstancié d'environ 10 à 15 lignes soit retenu exactement tel quel (sans aucune influence personnelle) dans toutes ses nuances. Le texte étant par ailleurs lui-même supposé être parfaitement intelligible pour le lecteur.
Car il y a toujours une ou des perceptions/impressions/conclusions personnelles qui viennent se mêler à la perception du réel, à la compréhension de ce qui est entendu, lu ou vu (Car le moi de la personne est toujours là, qui filtre, transforme, choisit, interprète, conclut, déduit, induit, etc.). Vous allez en faire vous-même l'expérience en faisant les devoirs et les exercices donnés. Ces inférences répétons-le viennent de l'esprit de la personne. Elles influencent le sens de ce qui est lu, entendu ou vu et ne font pas partie de la réalité elle-même. (C'est pourquoi la reformulation de C.Rogers est une méthode incontournable pour comprendre (réellement) par exemple ce qui est exprimé par le locuteur !).
- Soulignons-le encore : Ceci est un phénomène humain universel et est entre autre à la base de toutes sortes de croyances dans tous les domaines humains (y compris dans le jugement de ceux qui se croient scientifiques dans ce qu'ils disent !!). Ces croyances modifient la perception du réel (on a même dit à juste titre que toute névrose résulte du fait qu'on ne voit pas la réalité telle qu'elle est). Les souffrances viennent du fait que nous ne percevons pas la réalité telle qu'elle est, mais nous lui attribuons automatiquement des caractéristiques émanant de notre regard, notre compréhension et notre perception. Cette compréhension par des inférences s'appelle "connaissance inférencielle" et la connaissance de la réalité sans aucun jugement, ni impression personnelle est appelée "connaissance factuelle".
L'Université européenne (UESRH)
- Offre une méthode d'enseignement permettant d'éviter autant que possible ces phénomènes tout en valorisant et développant les intuitions personnelles de chacun. Ainsi la perception/sensibilité individuelle des candidats est respectée et favorisée en même temps que les données de l'enseignement sont assimilées de façon créative par chacun.